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mercredi 11 mars 2015

Journée glorieuse

On est un peu en retard dans les nouvelles, mais comme on rentre dans "le bois" pour quatre jours et trois nuits sur la très renommée Milford Track, on vous laisse avec des images de notre randonnée sur Avalanche Peak, dans le micro-village d'Arthur's Pass. Je me demande encore comment ça peut être plus beau que ça!
Le moral des troupes est encore haut!

Forêt de bouleaux




Un Kea: un perroquet alpin qui aime bien détruire les essuies-glaces. 

Quand la journée est glorieuse, c'est à ça que ça ressemble!

Parlant de journée glorieuse... j'ai enfin eu ma note pour mon mémoire, qui sera accepté avec des corrections mineures! On était à l'épicerie quand j'ai lu le courriel me l'annonçant, entre les peanuts en vrac et les boîtes de céréales. C'était pas mal épique et les Kiwis n'ont rien du comprendre. J'étais contente d'avoir fait une liste pour l'épicerie parce qu'après ça j'ai été très peu fonctionnelle pour ramasser le jambon et les cannes de thon.

À dans quelques jours!!

dimanche 8 mars 2015

La We(s)t Coast

On ne va pas dire qu'on ne s'y attendait pas: la West Coast est mouillée. 

Nous avons passé deux jours à Greymouth, bien calés dans les fauteuils du grand salon au Global Village, à regarder la pluie tomber, à guetter l'éclaircie pour marcher les trois coins de rues jusqu'à l'épicerie. 
0 culpabilité: une journée à lire, jouer du piano et boire du thé, c'est un luxe qu'on était contents de se payer. Après des semaines à jouer dehors, pour la première fois, nous n'avons "rien" fait. Et c'était parfait. 

Mais je reprends où on vous avait laissés : à Punakaiki, avec les Pancake Rocks, dans le milieu de nulle-part-pas-d'épicerie. Le lendemain, nous avons un camping réservé à Hokitika, la "cool little town" (leur propre description) de la West Coast. 

Nous hésitions à faire du pouce. En bonne "gratteuse" que je suis, payer 35$ chacun pour un billet d'autobus pour une heure de route, surtout quand on n'entend que des bons commentaires du pouce sur la côte Ouest, la décision dans mon cas était vite prise. 
Guillaume, lui: "J'suis pas assez pauvre pour faire du pouce s'il pleut."
Pluie pas pluie, on a fait du pouce, parce qu'il restait autant de place dans l'autobus qu'il nous restait de nourriture: aucune. 

Quatre différents conducteurs en deux heures; on est arrivés avant l'autobus. Je pense qu'on est contentés là-dessus; on l'a fait, c'était bien le fun, on a rencontré du bon monde, maintenant on retourne à notre planification plus facile des autobus ;).
Quand on est arrivés à Hokitika, j'ai tout de suite eu un coup de coeur pour cette petite ville pleine de boutiques d'artisan et d'histoire. (Le livre d'Eleanor Catton s'y déroule, en passant.) 


La mer de Tasman - jamais vraiment calme... 
C'est peut-être la proximité de la mer de Tasman, la plage plein de sculptures de bois flotté, ou les gens qui marchent têtes baissées sur le "spit" pour trouver du jade qui en font une ville si spéciale. Il m'a fallu trois jours pour faire le tour des boutiques et des studios ouverts au public où on peut jaser avec les artisans. 

Et éventuellement, il a fallu partir, et trier les roches ramassées sur la plage (Guillaume-le-dictateur me surveille quand c'est le temps de trier les trucs que je ramasse compulsivement!).

Au moins, je peux prendre autant de photos que je veux!

Du jade sur la table d'un sculpteur
Coucher de soleil sur la plage d'Hokitika
Nous avons ensuite pris la direction de Fox Glacier. Les montagnes se sont resserrées autour de nous et nous avons, pour la première fois depuis que nous sommes ici, senti que l'automne était bel et bien arrivé. Malgré la brume et les nuages (de pluie, à coup sûr), nous avons marché les quelques 10 kilomètres vers le glacier, en passant par la rain forest. Des palmiers et des glaciers dans la même journée. C'est ça, la Nouvelle-Zélande... 

Fox Glacier - vu de 200 mètres, la limite autorisée (à moins de se payer un hélico à 500$)




mercredi 4 mars 2015

La chronique à Dumais prise 2!!

Vu l’appréciation de ma chronique, j’ai décidé d’en écrire une autre!!!! Aujourd’hui, première journée ou on n’a fait rien ou presque dans notre trip: il pleut trop. Cela fait du bien de relaxer un peu, avant le dernier droit. J’ai bien hâte, reste plein de trucs cool à faire… mais y’a des choses qui me dérangent ou que je comprends pas, faque je vais vous divertir avec ça!

Comme pas avoir de cell pour être rejoint. Souvent on est obliger d’inscrire un numéro de tel pour pouvoir acheter un billet de bus ou pour louer une voiture. Il n’y a pas si longtemps les voyageurs n’avaient rien pour être contactés... Pourquoi une compagnie de location de char voudrait ben me rejoindre. Me semble c’est le contraire, c’est moi qui voudrait les rejoindre pour dire que leur char est pogné dans un creek de 20 pied à cause d’un Chinois…Parce qu’un chinois sur la route ici c’est un danger, ça dépasse dans une courbe, il n’arrête pas quand la police le poursuit, dépasse une file de voiture arrêtées ou tue 2 britannique dans un « accident ». (C’est arrivé cette semaine, en passant.)

Genre Kiwi Experience, ça c’est une compagnie de bus qui offre des forfaits pour faire le tour de la N-Z. Le hic, oui ils vont où les compagnies normales vont pas, mais c’est genre 1500$ pour 20 jours, juste pour un osti de bus. Si tu veux faire une activité, ben tu payes le prix normal. Tu payes pour ton auberge, ta bouffe, ton alcool…parce qu’ici cette compagnie est réputée pour faire le party. Rien. D’inclus. C’est peut-être juste moi qui est trop vieux ou pas assez con pour payer ce prix-là pour me faire barouetter d’un bord à l’autre. Parce qu’à ce prix-là, je vais me payer un tout inclu dans le sud pour 2 semaines…

Un problème des backpackers, il n’y a jamais de crochet dans les chambres. On passe notre temps à accrocher nos serviettes sur les pôles à rideaux, sur le bord des cadres, entre le matelas et le frame du lit… SIMONACK ça coûte quoi un crochet? 1$? Au prix des chambres (30$ environ pour un lit dans un dortoir de 8?!) ils pourraient bien en installer quelques-uns. Aussi, les pommes de douches sont trop basses. Tsé quand il faut que tu te penches pour te mouiller la tête y’a un problème. Pourtant, les Kiwis sont pas petits, c’est sûrement parce qu’ils importent leur douche d’Asie.

Finalement, il y a la bouffe, pas terrible en général, souvent grasse pour rien ou juste mal apprêtée. Je pense aux Fish&Chip, aux meatpies ou aux whitebaits. Le dernier c’est peu ragoûtant, ce sont des p'tits ménés. J’niaise pas: des ménés. En galette pour hamburger, dans un paté, frits ou en omelettes. J’ai pas osé essayer, juste voir un paquet à l’épicerie ça donne pas le goût, mais bon, je passe peut-être à côté de quelque chose d’incroyable…ou pas!!! Pour finir, les déjeuners ici c’est du vol. 2 oeufs, bacons, patates et toast pour 10$ minimum, rajoute des saucisse ça monte à 15$, puis c’est rien de spécial ça doit leur coûter la même chose à faire qu’au Québec…et y’a pas de poutine! Faque vous savez c’est quoi je mange en premier en revenant!!!! 
Whitebait!!

Façon de cuire les whitebaits
Mais il y a aussi les belles rencontres faites au travers de notre voyage. Comme hier à Fox Glacier, avec nos co-chambreurs français, brésilien et allemand, on a partagé 2 belles soirées. Mais les plus marquantes sont avec les Canadiens, les Québécois encore plus. Je ne sais pas pourquoi. On dirait qu’on se dégêne plus vite, on reste pas dans les conversations de politesse, d’où tu viens, de quel endroit t’arrives, tu vas où… La confiance est plus facile. Comme JF qu’on a rencontré à Takaka, recroisé à Fox Glacier par hasard et avec qui on a des plans pour faire un bout de trajet ensemble! J’ai bien hâte à la suite de notre trip, reste 7 semaines seulement.

Guillaume


PS merci à Virge de me corriger, sinon ma syntaxe serait pas si bonne! :)

Far West

La côte ouest est… sauvage. 8000 habitants dans tout le district. C’est pas mal l’endroit le plus stressant sur terre, on pense, après une semaine.

Westport
Dans la largeur des rues et le style un peu vieillot des maisons, j’ai reconnu en Westport une ville ouvrière. Devant le i-site et une école primaire: des wagonnets de mine de charbon. Outre les hotels nombreux sur la rue principale, les quelques cafés et restaurants, Westport est tranquille, étrangement tranquille. 

Nous marchons le soir, un jeudi, et personne d’autre ne marche dans les rues. Personne sur la plage. Les maisons, dans les quartiers résidentiels, ont la peinture écaillées et ni le gazon ni les arbres ne sont taillés. Le port sent le poisson et le charbon en même temps. Quelques bateaux, personne en vue. 


Vers le "centre-ville" de Westport

J’aime quand même cette petite ville sans prétention, aux usines qui masquent les couchers de soleil, aux touristes éparpillés un peu perdus du manque d’attractions. Il n’y a pas grand chose à faire, alors nous flânons. 

Le lendemain, nous nous payons une leçon de surf. Nous nous la payons dans tous les sens: musculairement, surtout. Mike vient nous chercher à l’hostel avec sa coolitude de surfeur ET de maori additionnées. Double confiance pour Guillaume, qui a hésité jusqu’à la dernière minute, mais qui, les oreilles bien bouchées par de la gommette et un wet suit des chevilles au menton, la longe de sécurité du board à la jambe, s’est élancé dans la mer avec beaucoup de plaisir. Moi aussi, ne vous y trompez pas. On a même réussi à surfer quelques vagues (et on n’a pas besoin de SinuRinse avant 10 ans au moins), regardez donc ça!

Punakaiki
À Punakaiki, il y a: un hostel, une taverne, un camping avec des cannes de soupe et du Marmite* à vendre sur les tablettes derrière la dame à l’accueil. Et de la plage et des rochers et des falaises. Et le coucher du soleil qui plonge dans la mer de Tasman. Et des couleurs qui changent tous les jours. 

*Note sur le Marmite: c’est un genre de Vegemite spécial kiwi fait avec de la levure de bière. Quand vous étiez au primaire, c’était des sandwiches pas toastés avec beurre de peanut et confiture que votre mère vous faisait? Ici, c’est du Marmite que leurs mères utilisent (à la lumière de cette découverte, je pense être en mesure de dire que les mères kiwis aiment moins leurs enfants que les mères québécoises, c’est une observation très, très sérieuse). Nous l’avons essayé à Dannevirke. La méthode de Kim: toaster ta toast, prendre une gousse d’ail, scraper la gousse d’ail sur ta toast, ouvrir le Marmite et en mettre sur le pain. J’ai essayé. Le matin. Pour être gentille. C’est comme si j’avais liché un cube de bouillon de boeuf + ail. Ça goûte le concentré pour faire de la soupe. Ça doit être pour ça que ça s’appelle Marmite. Ma vie n’a pas changé d’un iota: je mets encore de la moutarde dans mes sandwiches. Fin de la note.


La plage - à deux pas du camping
Un des quelques merveilleux couchers de soleil de la côte ouest
Nous allons marcher, dans la rainforest ou sur la plage. Nous écoutons les vagues. Nous allons voir les Pancake Rocks. Nous jouons au Skip-Bo. Un gars à côté de moi ouvre sa bière comme un geyser et je prends une douche involontaire: c’est correct parce qu’il est Québécois. Nous parlons du Québec, de politique (de déception(s) politique(s)) et de voiliers. Il a quitté l’armée pour se payer un bateau, et la liberté. C’est pas pire, hen?

Blow Holes à la marée haute

Les Pancake Rocks 

mardi 17 février 2015

Se réconcilier (un peu)

Dans les derniers jours, nous avons appris à connaître davantage Paul, Sandra, Harry et Logan. Nous ne sommes généralement pas difficiles d'approche, Guillaume et moi, mais on dirait que ça leur a pris plus de temps que nous (et plusieurs desserts et des brioches à la cannelle) pour se dégêner.

Et nous avons été plus impliqués sur la ferme, avec les moutons en particulier.  Même moi!! Maintenant, on sait comment les attraper! (Des heures de plaisir en perspective!)
Guillaume et un agneau (dodu)
Notre intention de départ, en venant de ce coin perdu des Marlbourough, c'était d'aller au Wine & Food Festival de Blenheim. Quand on a vu que les billets étaient 50$, rien d'autre d'inclus que l'entrée, on a décidé de sauver nos économies pour d'autres activités... Belle surprise, les skills de Guillaume sur le tracteur et mon gâteau renversé aux abricots (merci, Ricardo) ont été plus qu'appréciés par nos hôtes, qui nous ont offerts des billets pour le festival, en plus d'appeler Duke, le voisin, pour qu'il nous amène en ville (oui, on est loin dans l'champ sur un méchant temps, pis on a pas de char). Duke nous a dit que si on repassait dans le coin, il nous amènerait pêcher du blue cod. On repassera effectivement dans le coin d'ici la fin mars, alors on a dit qu'il aurait de nos nouvelles!! 

Faque on a bu du vin toute la journée sur les terres de Brancott Estates
Nos coups de coeurs : tout ce qui est fait par Mud House, blanc comme rouge, jusqu'à maintenant, on n'a pas été déçus, et le Sauvignon blanc de Sileni Estates (disponibles à la SAQ, j'ai vérifié!). Demandez-moi pas l'année, 'm'en souviens plus...!

Le lendemain, Paul nous a amené faire un tour dans sa voiture de collection du côté de Yealands, un vignoble immense, avec un programme zéro-carbone aussi impressionnant que la quantité de vignes et la vue sur la mer qu'on a rendu au bout. Oui, des fois, on est chanceux (mais on le mérite!).
La voiture : une Valiant '73(?) restaurée par Paul
Au moment où vous lirez ces lignes, nous serons déjà repartis de Seddon, après deux semaines passées dans une famille sympathique, deux semaines qui auront passé bien vite, finalement, mais qui auront été riches pour nous en remises en questions "fermières", qui resteront peut-être aussi marquées par notre premier blues du voyage.

Nous nous dirigeons vers la côte ouest et son paysage accidenté, vers Westport, pour la fin de semaine. Ensuite, nous descendrons vers Fox Glacier, et nos plans sont encore incertains, mais nous serons à Christchurch début mars pour le festival de Haka, la danse guerrière maorie.

Qu'est-ce qui nous restera de notre passage ici? Des images, c'est ce que j'essaie de vous écrire depuis le début, mais elles sont trop près dans le temps, trop près de l'émotion, encore.
Les troupeaux dirigés par les chiens
Le bruit des sabots contre le sol compact
La poussière, en tourbillon
Les moutons qui courent de chaque côté, nous debout
L'agneau à demi-mort qui peine à respirer, un jour, deux jours
Les bêtes qu'on doit pousser pour qu'elles montent sur le grillage
Les enfants qui crient et rient dans la maison
Et beaucoup, beaucoup d'espace, pour être ailleurs




samedi 14 février 2015

Rodéo

Ouvrez-vous une petite bouteille de sauvignon blanc de Nouvelle-Zélande pendant que vous nous lisez; y'a des bonnes chances qu'il vienne de chez le voisin.

Le paysage de bord de route des Marlbourough - nous sommes près de Seddon
Collines dorées à perte de vue et vignes bien cordées: impossible de nous tromper, nous sommes dans les Malbourough. C'est sec, sec, sec, jaune, jaune, jaune.

Depuis quelques jours, chez Sandra et Paul, nous vivons une vie de ferme et de presque cowboys à changer le bétail d'un pâturage à l'autre en le chassant avec le quatre-roues ou encore le pick-up. Les chiens embarquent dans la boîte, le nez au vent, et attendent les commandes de Paul pour faire leur job.

Get them from behind! Chance, speak up! Away! 

Chance et Rose

Une centaine de moutons en train de me regarder. Apparemment, je fais peur. 

Leurs voisins font même des démonstrations de tonte de moutons pour les touristes qui débarquent des bateaux de croisière. On est encore à moitié aveugle des diamants qui brillaient au soleil, mais on a vu la tonte d'un mouton. Sandra et Paul ont fait tondre les leurs en janvier, et n'auront pas à le faire avant quelques mois, alors ils ne voulaient quand même pas qu'on rate ça.
Le voisin en train de tondre un mouton 
Aujourd'hui, nous avons aidé à déplacer les vaches et leurs veaux dans un champ chez le voisin; ça a pris pratiquement toute la journée. Mais c'était quand même de loin la tâche la plus excitante de la semaine, du moins pour moi, qui a plutôt été assignée au lavage de four-cuisine-lavage-de-fenêtres-lavage-d'armoires jusqu'ici.

Changer les troupeaux de pâturage implique souvent d'arrêter la circulation devant et derrière le troupeau.
Je me demandais (tout en frottant les portes d'armoire) ce qu'on faisait ici... oui, il y a l'échange culturel, et l'opportunité de vivre dans une famille Kiwi avec enfants, de partager les repas et le quotidien avec eux, mais le wwoofing, l'idée derrière le wwoofing surtout, c'est d'apprendre plein de trucs sur le développement durable, l'agriculture biologique, ou juste des skills de vie quotidienne en général. Je n'apprends pas grand chose, à laver le four. Je prends mon mal en patience parce que Guillaume est assigné aux tracteurs et qu'il est bien content de pousser des bales de foin d'un bord à l'autre du champ. On verra...

C'est aussi intéressant de voir comment ça se passe, en 2015, sur une ferme traditionnelle (à comprendre: pas bio pentoute). Avec des chiens et des motorisés. Avec des mauvaises herbes traitées au Round-Up. Avec des bêtes qui sont vendues quand on peut faire de l'argent avec et qui reçoivent piqûres et traitements divers sans qu'on sache trop pourquoi, mais parce que c'est comme ça qu'on fait (et faisait dans l'temps des parents). Qui sont déplacées en masse, qu'on doit effrayer (un peu?) pour pouvoir diriger. De comprendre qu'avant, c'était la laine des moutons qui rapportait, et que maintenant, c'est la viande des agneaux. Ne vous demandez pas pourquoi, je dirai un mot: Chine. Mais pensez-y bien: moins un produit rapporte, plus on doit en avoir une grande quantité pour survivre, et plus la quantité est importante, plus le bétail est traité comme un ensemble que comme des individus. Avec 4000 bêtes, comment savoir si tel animal est mal en point et a besoin d'un traitement? Ce n'est pas de la mauvaise intention, c'est juste la réalité.

Bon, le paysage que j'essaie de vous dessiner est comme de moins en moins bucolique. Est-ce que votre vin commence à être amer? J'espère pas... c'est tellement beau ici, malgré tout.

Si tout le monde pouvait voir d'où vient sa viande... d'où vient son chandail de mérino. Des fois, ça fait juste remettre les choses en perspective. Et je suis certaine qu'ils font ça avec beaucoup de passion et d'amour, malgré tout ce que je peux en dire. Au meilleur de leur connaissance. C'est peut-être à l'autre bout de la chaîne, qu'il faudrait que les choses changent?






mardi 3 février 2015

De backpackers en backpackers

Il tombe aujourd’hui la première pluie de l’année. C’est comme si tous les arbres s’étaient soudain mis à respirer. On ne va pas se plaindre non plus, aujourd’hui, d’avoir une journée parfaite pour une sieste d’après-midi, dans une petite ville de Golden Bay, Takaka. 

C’est tranquille; tout le monde semble parti pour le festival Luminate, dans la vallée plus haut sur la montagne, un événement très très hippie d’ateliers de croissance personnelle, de cirque et de musique électronique. Guillaume et moi serions allés par curiosité, peut-être, mais nous avons aussi la défaite de ne pas avoir de voiture pour nous y rendre, et maintenant, la pluie. 

Après quelques jours dans Abel Tasman, où nous avons fait du kayak sous le soleil, et de la plage à profusion, ne rien faire pendant une journée ne nous fera certainement pas sentir coupables.
Encore une fois, la vue est vraiment déplaisante!...

Adele Island - Abel Tasman

C’est le privilège des voyageurs qui ont le temps, qu’on se dit. Rien ne presse, à moins qu’on se l’impose. Et rien ne nous attend à part Nelson demain, où nous retournons pour quelques jours, avant de nous diriger vers les Malbourough (vignobles à perte de vue!), où nous ferons du wwoofing pendant environ une semaine, jusqu’au festival du vin de Blenheim. En attendant, nous allons de backpackers en backpackers, où nous rencontrons ces derniers temps en particulier beaucoup d’autres Canadiens, venus de la Saskatchewan et de l’Alberta, et même, pour la première fois depuis le début du voyage, un Québécois de notre âge. À Marahau, deux gars de Calgary, deux ingénieurs qui faisaient du vélo (plan décidé à la dernière minute, vélos de montagne usagés semi-adaptés, mais c’est ça, l’aventure!!), avec qui j’ai joué une game de cribbage pendant que la nuit tombait sur la baie, après beaucoup d’humour absurde et une discussion osée sur la politique canadienne. La curiosité était trop forte. Rencontrer des Canadiens anglophones est encore comme rencontrer des gens d’un autre pays; et ça n’a rien à voir avec rencontrer des Albertains en Alberta. 

C’est beau comment, en voyage, les gens (la plupart) sont allumés, intéressants et intéressés. Toutes les discussions sont possibles, il me semble. Et le mélange de générations est aussi vraiment enrichissant: tout le monde ou presque vient d’un pays différent, a un âge différent (deux grands groupes, quand même, dans les backpackers: 18-30 et retraités), voyage pour des raisons différentes, mais il y a comme un point de rencontre de valeurs sociales et écologiques. Je suis contente d’enfin arriver à dépasser les conversations de surface du style « d’où tu viens/où tu vas/combien de temps », qui sont nécessaires, mais qui sont un peu banales.

Je ne sais pas encore où est le lien dans ce que je vais vous raconter ensuite, peut-être celui de l’expérience forte et authentique, de l’échange culturel, cette fois avec la culture maori. Hier, nous avons fait du vélo (j’étais étonnée de voir que je savais encore comment pédaler…) jusqu’à Pupu springs. Les maoris ont des sites sacrés un peu partout en Nouvelle-Zélande, qu’ils appellent des trésors, lieux où on ne peut ni manger ni boire ni toucher l’objet en question, en respect pour la pureté de l’endroit, mais aussi pour les ancêtres décédés qui n’ont plus le corps physique pour le faire. Pupu springs est l’endroit où une source d’eau pure, la plus pure d’Asie et d’Océanie, jailli du sol. Nous nous tenions à l’endroit où une rivière émerge, formant un lac parfaitement translucide. (Encore une fois, les photos n'arrivent pas à la cheville de ce qu'on a vu, malheureusement pour vous...)

Pupu Springs

Et hop, une autre rareté à rayer de la liste. (Une liste qui s’allonge à mesure qu’on a des surprises de ce genre!)

Des fois, la Nouvelle-Zélande, c’est vraiment dur à battre. 
Pupu Springs ou Jurassic Park?