| Le paysage de bord de route des Marlbourough - nous sommes près de Seddon |
Depuis quelques jours, chez Sandra et Paul, nous vivons une vie de ferme et de presque cowboys à changer le bétail d'un pâturage à l'autre en le chassant avec le quatre-roues ou encore le pick-up. Les chiens embarquent dans la boîte, le nez au vent, et attendent les commandes de Paul pour faire leur job.
Get them from behind! Chance, speak up! Away!
| Chance et Rose |
| Une centaine de moutons en train de me regarder. Apparemment, je fais peur. |
Leurs voisins font même des démonstrations de tonte de moutons pour les touristes qui débarquent des bateaux de croisière. On est encore à moitié aveugle des diamants qui brillaient au soleil, mais on a vu la tonte d'un mouton. Sandra et Paul ont fait tondre les leurs en janvier, et n'auront pas à le faire avant quelques mois, alors ils ne voulaient quand même pas qu'on rate ça.
| Le voisin en train de tondre un mouton |
| Changer les troupeaux de pâturage implique souvent d'arrêter la circulation devant et derrière le troupeau. |
C'est aussi intéressant de voir comment ça se passe, en 2015, sur une ferme traditionnelle (à comprendre: pas bio pentoute). Avec des chiens et des motorisés. Avec des mauvaises herbes traitées au Round-Up. Avec des bêtes qui sont vendues quand on peut faire de l'argent avec et qui reçoivent piqûres et traitements divers sans qu'on sache trop pourquoi, mais parce que c'est comme ça qu'on fait (et faisait dans l'temps des parents). Qui sont déplacées en masse, qu'on doit effrayer (un peu?) pour pouvoir diriger. De comprendre qu'avant, c'était la laine des moutons qui rapportait, et que maintenant, c'est la viande des agneaux. Ne vous demandez pas pourquoi, je dirai un mot: Chine. Mais pensez-y bien: moins un produit rapporte, plus on doit en avoir une grande quantité pour survivre, et plus la quantité est importante, plus le bétail est traité comme un ensemble que comme des individus. Avec 4000 bêtes, comment savoir si tel animal est mal en point et a besoin d'un traitement? Ce n'est pas de la mauvaise intention, c'est juste la réalité.
Bon, le paysage que j'essaie de vous dessiner est comme de moins en moins bucolique. Est-ce que votre vin commence à être amer? J'espère pas... c'est tellement beau ici, malgré tout.
Si tout le monde pouvait voir d'où vient sa viande... d'où vient son chandail de mérino. Des fois, ça fait juste remettre les choses en perspective. Et je suis certaine qu'ils font ça avec beaucoup de passion et d'amour, malgré tout ce que je peux en dire. Au meilleur de leur connaissance. C'est peut-être à l'autre bout de la chaîne, qu'il faudrait que les choses changent?
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