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lundi 13 avril 2015

Nos coeurs balancent

Napier, Gisborne, Tauranga, Mont Manganui: notre trajet des derniers jours, le long de la côte est, dans un parcours en zigzag imposé par les autobus. Des backpackers, un Airbnb (un vrai lit!!)... Entre fatigue et envie d'en profiter au maximum, entre le soleil et la pluie, entre l'ici-maintenant et le retour, c'est un peu là où nous sommes... Nous avons revisité la beauté verdoyante des terres où paissent les vaches, senti à nouveau le souffre dans l'air à l'approche de Rotorua et rencontré la côte est et ses villes très différentes les unes des autres. 

Aujourd'hui, nous avons officiellement entamé la dernière semaine du voyage. On s'est aussi offert un petit plaisir: on est allé chercher une voiture dans un centre de location pour faire le tour de Coromandel à notre rythme. (À comprendre: pour pouvoir rester sur les plages le plus longtemps possible.) Après Coromandel, c'est Auckland qui nous attend à nouveau. Deux jours, question de bien se casser la tête avec l'ultime paquetage de nos sacs pleins à craquer. Le paquetage de sac... c'est une chose qui ne me manquera pas de sitôt, même si avec la pratique vient l'expérience... 

Demain, pluie, pas pluie, nous serons dans l'eau, en train d'avaler la tasse. Et demain, c'est la fête de Guillaume! Qui aurait pensé qu'il aurait choisi comme activité d'aller s'énerver dans l'eau?! 

Objectif simple, d'ici la fin: soleil et plage. Whangamata, on nous avait promis de la belle vague à ton sujet, déçois-nous pas! 

Ah, oui, je vous avais promis des photos! 

Kaikoura - Coastal Walk

Kaikoura 
Napier - Capitale Art Déco de Nouvelle-Zélande

Guillaume sur Marine Parade
Le port de Napier 
Mount Manganui - du sommet du mont Mauao

Mount Manganui - la plage, un jour de nuages



lundi 6 avril 2015

Des dauphins!

Attention: cette entrée de blogue contient du sarcasme et du chialage, mais aussi une belle histoire, si vous tenez bon jusqu'à la fin...!

À Kaikoura, nous avons décidé que nous n’avions pas 100$ pour aller taquiner la baleine pendant une heure sur un petit bateau plein de tourissss. 

Bêtes de même: on est tannés de voir du monde avec des gros jewels en or qui nous aveuglent sous le soleil sans pitié de Nouvelle-Zélande. 

Faque on boude: on prend de longues marches où on ne parle qu’aux moutons. Et moutons il y a. 

On était peut-être un peu étonnés de devoir, déjà, reprendre le ferry. Bye bye, île Sud. 

On a été un peu désorientés de recevoir un courriel de Karen (woofing à Dannevirke, vous vous rappelez?) chez qui on devait repasser pour quelques jours. Mais on est tombés sur Pâques. Et Pâques = maison pleine, finalement. Sorry guys, much love. Deux Québécois un peu perdus, nous étions. Où vais-je? Que fais-je? Où dorme-je?

On s’est dit: on n’est juste pas dus pour travailler. On pourrait rester plus longtemps à Napier, plus longtemps à Gisborne, plus longtemps dans ces charmantes villes côtières dont on nous a dit beaucoup de bien. 

Oui, MAIS. Mais… on est fatigués un ti-peu, certaines journées plus que d’autres, je dirais. On n’a plus le goût de se payer des excursions, des visites de monuments guidées, de magasiner des housses de coussins avec des dessins maoris (je suis devenue la spécialiste du prix-le-moins-cher-dans-quelle-ville). On est beaucoup fatigués quand on tombe sur des voisins de backpackers dans le genre un peu weirdo qui font le party et qui s’endorment sur la terrasse au milieu de bouteilles de vitre cassées. 

Est-ce qu'on a le droit de chialer, en voyage? 

Est-ce qu’on a le droit d’être déçus quand un repas au restaurant nous coûte les yeux de la tête, pour une boulette de viande de chevreuil pas cuite dans un hamburger, et que quand on le mentionne à la serveuse (aussi proprio de l’endroit), elle nous répond: no worries en disparaissant avec nos assiettes?

Est-ce qu’on a le droit d’écrire des mauvaises critiques sur trip advisor, des reviews vraiment pas fameux sur le site des auberges jeunesses? Où est la limite quand on a choisi de payer 30$ par soir pour un lit, est-ce que quand nos draps sont tachés, mais probablement propres, pour 30$ dans un dortoir de 6, on a le droit de retourner à l’accueil en demander d’autres? Est-ce qu’on a le droit de se formaliser des tiroirs à ustensiles pas lavés, des traces de doigts collantes vieilles de cinq ans sur les murs, sur les portes?

Parce qu’on ne s’attend pas à des châteaux, pour 30$ chacun, même si on trouve ça cher quand même pour l’option la moins chère, on s’attend quand même à un minimum. Après plus de trente auberges jeunesses différentes, on a quand même compris, on a intégré, je sais pas, un niveau d’attente moyen. On a épuisé nos options, compte tenu du nombre de mois passés ici et notre date de départ, et notre choix de ne pas acheter de voiture: location de VR (pas en dessous de 100$ par jour SANS les assurances et le gaz à 2$ le litre), site de tente (15$ à 20$ PAR PERSONNE par nuit, douches payantes, électricité payante, payant payant, loin des villes), etc. On ferme les yeux, on préfère quand même laver notre vaisselle avant de manger dedans plutôt que de payer 100$ minimum pour une chambre d’hôtel cheap où les draps ne seront pas blancs pour autant. Où il faudra manger des boulettes de viandes pas cuites dans des restaurants. 

Je vais vous raconter une belle histoire, pour me faire pardonner. Et puis vous allez pouvoir regarder des photos et rester sur une belle impression (un autre jour, l'Internet est bouette). 


Une histoire de dauphins 


Sur le ferry, un peu engourdis par les roulis de la mer, Guillaume, Loren (une amie de Myriam qui retournait aussi à Wellington) et moi partageons un bout de chocolat Cadbury aux noisettes. En grands experts du ferry, nous nous sommes assurés de réserver des fauteuils à l’avant du bateau, derrière les baies vitrées. Pas de vent et du soleil; les meilleures places. 

Soudain, un touriste se met à courir vers le pont, en pointant l’eau du doigt. Tout le monde se rue dehors, caméra à la main, selfie stick vers l’horizon. Nous faisons pareil avec nos yeux. 

Un, deux dos gris dans l’eau, qui plongent sous le bateau. Au loin, des éclaboussures d’eau blanches dans le bleu de la mer. Beaucoup, presque trop. C’est sur la trajectoire du ferry. Des oiseaux qui pêchent?

Non, des dauphins. Dix, vingt, cinquante dauphins dans l'eau à bâbord, à tribord. Qui sautent et plongent et nous regardent d’un oeil luisant amusé. 

Excités comme des enfants, nous les regardons s’éloigner, pendant que se précise au loin les contours de l’île Nord. 

Fin. 

P.S. Mais on va bien là, on en profite! On s'aime pis il fait beau pis on est en santé! On le sait, qu'il nous reste juste deux semaines de voyage, on chiale un ti-peu, parce que vous nous manquez un ti-peu-beaucoup. xx