Westport
Dans la largeur des rues et le style un peu vieillot des maisons, j’ai reconnu en Westport une ville ouvrière. Devant le i-site et une école primaire: des wagonnets de mine de charbon. Outre les hotels nombreux sur la rue principale, les quelques cafés et restaurants, Westport est tranquille, étrangement tranquille.
Nous marchons le soir, un jeudi, et personne d’autre ne marche dans les rues. Personne sur la plage. Les maisons, dans les quartiers résidentiels, ont la peinture écaillées et ni le gazon ni les arbres ne sont taillés. Le port sent le poisson et le charbon en même temps. Quelques bateaux, personne en vue.
J’aime quand même cette petite ville sans prétention, aux usines qui masquent les couchers de soleil, aux touristes éparpillés un peu perdus du manque d’attractions. Il n’y a pas grand chose à faire, alors nous flânons.
Le lendemain, nous nous payons une leçon de surf. Nous nous la payons dans tous les sens: musculairement, surtout. Mike vient nous chercher à l’hostel avec sa coolitude de surfeur ET de maori additionnées. Double confiance pour Guillaume, qui a hésité jusqu’à la dernière minute, mais qui, les oreilles bien bouchées par de la gommette et un wet suit des chevilles au menton, la longe de sécurité du board à la jambe, s’est élancé dans la mer avec beaucoup de plaisir. Moi aussi, ne vous y trompez pas. On a même réussi à surfer quelques vagues (et on n’a pas besoin de SinuRinse avant 10 ans au moins), regardez donc ça!
Punakaiki
À Punakaiki, il y a: un hostel, une taverne, un camping avec des cannes de soupe et du Marmite* à vendre sur les tablettes derrière la dame à l’accueil. Et de la plage et des rochers et des falaises. Et le coucher du soleil qui plonge dans la mer de Tasman. Et des couleurs qui changent tous les jours.
*Note sur le Marmite: c’est un genre de Vegemite spécial kiwi fait avec de la levure de bière. Quand vous étiez au primaire, c’était des sandwiches pas toastés avec beurre de peanut et confiture que votre mère vous faisait? Ici, c’est du Marmite que leurs mères utilisent (à la lumière de cette découverte, je pense être en mesure de dire que les mères kiwis aiment moins leurs enfants que les mères québécoises, c’est une observation très, très sérieuse). Nous l’avons essayé à Dannevirke. La méthode de Kim: toaster ta toast, prendre une gousse d’ail, scraper la gousse d’ail sur ta toast, ouvrir le Marmite et en mettre sur le pain. J’ai essayé. Le matin. Pour être gentille. C’est comme si j’avais liché un cube de bouillon de boeuf + ail. Ça goûte le concentré pour faire de la soupe. Ça doit être pour ça que ça s’appelle Marmite. Ma vie n’a pas changé d’un iota: je mets encore de la moutarde dans mes sandwiches. Fin de la note.
Nous allons marcher, dans la rainforest ou sur la plage. Nous écoutons les vagues. Nous allons voir les Pancake Rocks. Nous jouons au Skip-Bo. Un gars à côté de moi ouvre sa bière comme un geyser et je prends une douche involontaire: c’est correct parce qu’il est Québécois. Nous parlons du Québec, de politique (de déception(s) politique(s)) et de voiliers. Il a quitté l’armée pour se payer un bateau, et la liberté. C’est pas pire, hen?
J'adore la référence à SinusRince ;)
RépondreEffacerAttends de voir les plonges qu'on a prises hahaha
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